Les tondues : Perrine Le Querrec, Jacques Cauda

Quelle aubaine d’avoir les femmes pour se débar­ras­ser de l’Histoire ! Les résis­tants (comme ceux qui ne l’étaient pas) ont trouvé en cer­taines d’entre elles des vic­times expia­toires  idéales. Ils les ont rasées, fait mar­cher à demi-nues, les ont bat­tues avant de les lais­ser étour­dies par terre. Nulle ques­tion pour elles de se défendre, de se battre ou se débattre face à l’hydre de la popu­lace. L’auteure le rap­pelle avec une stu­pé­fiante pré­ci­sion ins­crite comme dans sa chair et dans son esprit.

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La quatrième de couverture donne le « la » époumoné de ces « Tondues » à qui l’écrivaine Perrine Le Querrec lègue ses mots et le peintre Jacques Cauda son crayon à dessin. « N’a-t-on jamais demandé aux hommes s’ils avaient couché avec une allemande, les a-ton transbahutés sur des charrettes à travers villes et villages sous les huées ? A-t-on jugé leur sexualité, a-ton jugé leur chair, leur pénis, leur cœur ? »
Ceux qui se targuaient de clamer hier « Je suis Charlie », auront-ils le cran (sic) de clamer aujourd’hui « Je suis tondu » ? A défaut de tignasse, je n’en mettrais pas ma main à couper, mais qu’importe…En un peu plus de trente pages courageuses (merci aussi à l’éditeur Z4), un épisode sinistre de l’histoire de France passe la mémoire enfouie des hommes à la Marie-Rose pour rendre moins lisse le crâne de l’infamie.

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Les femmes servent tout au long de l’Histoire de défouloir aux idéologies et la populace. À la fin de le Seconde Guerre Mondiale certaines furent traitées de « salopes putes ». Des fiers à bras montèrent sur des ridelles « pour leur arracher les vêtements, jeter des légumes pourris et s’essuyer les mains sur les crânes tondus ». D’autres les exécutèrent d’une balle dans la tête. Ce fut là une nouvelle version des sévices que les hommes assènent à leurs compagnes voire leurs filles (des victimes n’avaient pas 18 ans) en oubliant de demander aux premiers « s’ils avaient couché avec une Allemande ».

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