Lamento : Jean-Claude Pecker, par Jean-Paul Gavard-Perret

En un tel texte raris­sime, la langue laisse sans voix. Elle devient le mon­tage d’un épi­sode trau­ma­tique. L’auteur l’évoque non pour lut­ter contre l’oubli mais pour ten­ter de vivre. Et si au com­men­ce­ment était le Verbe, à la lumière noire de la Shoah ce verbe est resté pour Pecker de l’ordre de l’innommable.
Néan­moins, le poème n’est pas un devoir de mémoire mais un cri d’amour. Il sort de l’ombre et de la nuit du temps. C’est un théâtre d’ombres. Ecrire revient à vivre et mou­rir. Plus ques­tion de faire de choix entre ces deux verbes. Ils nous enseignent com­bien l’écriture ne se sai­sit pour celui qui devint l’orphelin que l’alignement d’un temps devenu tombe. Ces mots portent la dou­leur inté­rieure que seule la mort pourra effacer.

http://www.lelitteraire.com/?p=35739

Laisser un commentaire

Panier d’achat

0
image/svg+xml

No products in the cart.

Continuer vos achats