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Tenir la vibration

Auteur/autrice: Catherine Andrieu

12,00

ISBN : 978-2-38113-112-2 – 56 pages –  Couverture, dos carré collé – Dimensions : 14,8 cm x 21 cm – Date de parution : 2 avril 2026

Ce livre ne parle pas de la musique.
Il s’écrit depuis l’endroit où elle devient vitale.
Tenir la vibration est un recueil de méditations où l’écoute engage le corps entier. Non pour comprendre, ni pour expliquer, mais pour demeurer — dans ce qui tremble, insiste, se retire parfois. La mer, le piano, certaines œuvres, certaines figures traversées par la faille ne sont jamais des objets de discours : elles sont des expériences de tenue, des manières de rester debout sans surplomb, sans promesse, sans réparation.
L’écriture avance par reprises, par frottements, par silences consentis. Elle refuse l’emphase comme la consolation. Elle cherche une justesse plus exigeante : celle qui accepte de ne pas résoudre, de ne pas sauver, mais de maintenir une présence exacte au bord de ce qui vacille.
Tenir la vibration n’offre ni message ni apaisement. Il propose une posture intérieure. Celle d’une fidélité à l’écoute, même lorsque l’élan se retire, même lorsque le son s’éteint, même lorsque rester devient la seule forme de courage.

 

Ce nouvel opus de l’auteure offre un témoignage bouleversant et méditatif sur le lien d’amour qu’exerce la musique mise en jeu dans l’intimité d’un partage d’émotions, pour tenter de tenir« malgré la faille » la vibration qui persiste à travers tout son corps, en résonnant au plus près des battements de son cœur : « une contrainte vitale qui l’oblige à ralentir, à reprendre, à consentir à l’inachevé / comme la mer » au rythme des marées, quand « l’écoute devient une forme de fidélité ». La musique est avant tout « cette mémoire première d’une pulsation, d’un souffle qui s’accorde au souffle d’un autre, réveillant en nous ce qui n’a jamais eu besoin de mots ». Avec humilité, « elle relie le dehors et le dedans, le visible et l’invisible », cette compagne de la douleur « qui ne cherche pas à convaincre, mais parfois nous élève à travers elle ». Elle permet de traverser la durée en l’habitant, « ce temps transfiguré qui dilate, replie, étire, suspend les secondes, dans la répétition vivante que transforme chaque passage / jusqu’à la dernière note qui continue de vivre en nous comme une braise ». À l’instar des prières, « une manière de respirer, tomber, se relever, s’incliner devant le mystère avec parfois une douceur qui ressemble à une bénédiction ». Le piano devient alors cet « organe sensible qui laisse la mer respirer à travers moi / dans un instant suspendu / où chaque note est une offrande toute en nuance, dans une sorte de rituel secret / et dans la confidence d’un dialogue silencieux auquel s’accorder ». Ce même dialogue s’établit avec de grands compositeurs aux noms prestigieux : Chopin lui fait accéder à « cette intensité sans éclat d’une relation élégante et noble, d’une cohabitation sans théâtre », lui proposant de « s’ajuster, trouver l’inflexion juste avec obstination, dans une éthique du toucher, une discipline intérieure par instinct de survie ». La musique n’a pas besoin de mots pour « organiser l’indicible », elle génère à la fois la répétition d’une « émotion juste » et la variation « d’une pensée vraie » tout en maintenant ensemble « des forces contradictoires par sa vibration qui peut apaiser mais aussi mettre à nu / dans un risque consenti… ». Si Bach s’impose par « son hospitalité et par une rigueur qui peut faire preuve de miséricorde », elle partage avec Beethoven, qui « se bat contre la disparition avec le courage d’écrire depuis la perte, une chambre commune, pour rester au plus près de ce qui vacille ». Schumann concrétise quant à lui, « la folie habitée ou le génie à l’écoute de sa propre musique / qui laisse vivre ensemble l’élan et la retenue, l’exaltation et l’effacement dans une juxtaposition / un excès de présence » jusqu’à devenir presque « hypnotique » dans ses œuvres tardives, relevant« une forme de mystique sans dogme / d’un être qui a laissé la musique aller aussi loin que lui ». Avec Debussy, elle puise entre autres, dans le mythe d’Orphée et d’Eurydice, cette révélation admirable de « l’acte inaugural d’un poète / confiant l’aimée à l’absence, la livrant à l’intouchable », devenue « vibration pure, matrice invisible où toute poésie prend racine… / quand le retournement devient l’instant où l’amour abdique pour devenir œuvre / la naissance d’un chant qui se tient au bord de ce qui s’éteint pour offrir une éternité de souffle / chaque poème tombeau… une résurrection où l’absence se met à résonner, dans une fidélité à l’impossible… ». Elle rappelle à plusieurs reprises que la musique n’est pas une consolation ni une résolution, mais qu’elle apprend à « laisser passer la douleur et rendre le chagrin respirable » : une manière de ne pas renoncer sans rien affirmer « pour survivre dans le silence qui la porte ». Le piano face à la mer « respire sous ses doigts », pose chaque note « d’une respiration rendue au large » sans jugement ni interruption, mais un « recueillement sacré où la solitude se transforme en lumière et la mémoire en présence », tandis que ses chats demeurent les « gardiens silencieux de l’invisible ». Avec l’exigence de « l’exactitude », la musique « habite la faille sans la trahir » pour tenir la vibration « quand il n’y a plus rien à faire durer… ».

En espérant avoir été fidèle à son écoute, chaque lecture de Catherine donne le sentiment de partager avec elle, dans une communion, ces instants précieux de sa manière d’être au monde pour subsister, en recevant le privilège de ses confidences…

Yolaine BLANCHARD

yolaine.blanchard21@gmail.com

 

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A propos

 

Catherine Andrieu est née en 1978. Après une enfance au bord de la Méditerranée, elle a enseigné la philosophie à Aix-en-Provence. Elle débute une carrière d’artiste-peintre, sous l’influence de Munch et du pop art, en peignant à l’huile en autodidacte, puis par un travail de dessins numériques sur photographie. Elle expose dans les Ardennes et dans des galeries parisiennes.

C’est un drame qui a marqué l’entrée de l’auteure dans le monde particulier de la poésie et de l’écriture. Une mythologie personnelle s’inscrit alors dans une quarantaine de récits poétiques et recueils.

Catherine Andrieu vit depuis 2021 à Royan où elle poursuit son œuvre singulière tout en s’adonnant au piano. Ses chats ont une place privilégiée dans son cœur et dans son œuvre.

Elle est chroniqueuse pour la RALM (Revue d’art, littérature et musique).

Bibliographie

La distance habitée (poésie), RALM, 2026

Ce que le corps traverse (poème illustré par l’auteure), Rafael de Surtis, 2026

Le Vivant recommence (poésie), éditions Encres Vives, 2026

Ils ont dressé des anges sur des tessons (poésie), éditions Douro, 2026

John Forbes Nash, le chant des équations blessées (poésie), Z4 éditions, 2025

A la marge (poésie), éditions Unicité, 2025

Le Royaume sans murailles suivi de L’aurore intranquille, (poésie), Rafael de Surtis, 2025

Incendies ailés (poésie), éditions Encres Vives, 2025

Ce qui pousse dans le silence suivi de Chants d’une femme-transfiguration, (poésie), Rafael de Surtis, 2025

Constellations critiques, lectures poétiques des livres de Z4 éditions, (chroniques) Z4 éditions, 2025

Je suis l’oiseau du vent, (poésie), Z4 éditions, 2025

Sur le rivage où les étoiles (poèmes illustrés par l’auteure), la RALM, 2025

Si loin que l’oiseau (poésie), Petit pavé, 2025

Au-delà du dernier rivage (poésie), Rafael de Surtis, 2025

Un bain d’étoiles (poésie), Collection Encres blanches, éditions Encres vives, 2025

L’astre Rémina (poème illustré par l’auteure), la RALM, 2025

Des griffes d’obsidienne (poème illustré par l’auteure), Rafael de Surtis, 2024

là où la terre (poème illustré par l’auteure), la RALM, 2024

Initiations (poèmes illustrés par l’auteure), Rafael de Surtis, 2024

Des nouvelles de Léda ? (poésie), Rafael de Surtis, 2024

Les ailes du papillon (poème illustré par l’auteur), L’Altérité, 2024

Le Cliquetis des mâts (poésie), Rafael de Surtis, 2023

Les Vies Antérieures et Intérieures de Catherine Andrieu (Entretiens), Rafael de Surtis, 2023

Alors je jouai Antigone (poésie classique), Rafael de Surtis, 2023

Refuge, journal de l’oubli (poésie), Rafael de Surtis, 2022

Amours et jeux d’ombre (poésie), Rafael de Surtis, 2022

Piano sur l’eau (poésie), Rafael de Surtis, 2021

Parce que j’ai peint mes vitres en noir (poésie et entretien), Rafael de Surtis, 2020

À fleur de peau (poésie et entretien), V.Rougier, 2020

J’ai commencé à dessiner des Anges (avec des illustrations de l’auteure), Rafael de Surtis, 2020

Des nouvelles du Minotaure? (récits), Rafael de Surtis, 2019

Correspondance Catherine Andrieu-Daniel Brochard, Petit Pavé, 2019

Très au-delà de l’irréel (récit), Rafael de Surtis, 2018

Hawking ; étoile sans origine (poésie), Rafael de Surtis, 2018

Ce monde m’étonne (récit), Rafael de Surtis, 2017

J’avais bien dit Van Gogh (récit), Rafael de Surtis, 2017

Seuls les oiseaux sont libres (poésie), Petit Pavé, 2016

Nouvelles lunes (poésie), Petit Pavé, 2014

Poèmes de la Mémoire oraculaire (poésie, récit, théâtre), Petit Pavé, 2010

 

 

 

 

 

Informations complémentaires

Dimensions 21 × 1,5 × 14,8 cm
Auteur/autrice

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