A propos
André Bouny, étudiant l’odontologie à Paris, proteste contre la guerre au Viêt Nam, dans la rue et par ses peintures exposées au Grand Palais. Il enchaîne les voyages dans ce pays, y adopte deux enfants, puis fonde l’association DEFI Viêt Nam. Il publie une centaine d’articles sur la guerre chimique, constitue et conduit le Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange. Il intervient notamment au Conseil des droits de l’homme à l’ONU, et donne des conférences. Il publie aux éditions Demi-Lune Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam, préfacé par Howard Zinn, avec un avant-propos de Me William Bourdon (livre du mois de la revue S!lence). Puis il fait paraitre Cent ans au Viêt Nam aux éditions Sulliver (finaliste du prix Boccace 2015, finaliste du prix Littér’Halles 2016). Par la suite il publie Viêt Nam, voyages d’après-guerre avec 40 dessins de l’auteur, aux éditions du Canoë. Puis Huit destins de femme, une férocité ordinaire, aux éditions H Diffusion et, dans la même maison, fait paraitre Éjectas, le hasard est nôtre. De nouveau aux éditions du Canoë, il publie Les Naufragés de la Grande Ourse, avec 4 dessins de Julio Le Parc.
Les étoiles des mères
L’ensemble des textes d’André Bouny […] entre sirènes, galions échoués, récifs de pierres et des bancs de divers poissons, tout devient un moyen de comprendre le principe d’être au monde et de donner vie à la poésie. L’univers marin — où même les rochers font signes — crée une approche qui va du presque lyrique au pseudo scientifique, et l’œuvre met en commun ce que les cultures dites populaires séparent. S’y produisent un renversement, un retournement, un basculement. Les poèmes deviennent parfois des jaillissements d’ellipses d’une touche venue d’ailleurs. Et des gestes du poète glissent de drôles de poissons ardents en abandon ou mouvance étrange. Le fond de mer reste l’abîme où le regard se précipite par la magie verbale. Des mouvements faits d’ombres voient le jour à partir de ces abysses. Mais les mots flottent et nous familiarisent autant avec le monde aquatique qu’avec nous-mêmes. Se découvre un creusement de substrats où, jusque dans les crustacés, est repoussé le moule des mondes admis. Il est transformé par des suites de métamorphoses. Dès lors, échappant à tout effet de dilatation feinte, le poème devient l’éclatement du réel qu’il éventre.
Magazine Le Littéraire | Lelitteraire.com
Jean-Paul Gavard-Perret







